A l’heure où j’écris ces quelques lignes, je suis à l’arrière de la voiture, ma fille dans son siège auto en train de dormir (Alléluia!) et mon fidèle Mac book pro posé sur mes genoux. Je partage ma connexion internet avec mon téléphone portable et je peux rédiger cet article comme si j’étais confortablement assise dans mon canapé (avec quelques secousses en moins). Mais quel luxe quand j’y pense !

Travailler de n’importe où sur Terre tant qu’il y a une connexion internet. Voilà désormais la seule et unique contrainte liée à mon travail (car oui il s’agit d’une passion mais aussi d’un travail dans la mesure où je souhaite en tirer une rémunération régulière).

Je fais partie de cette génération attirée par la quête de « l’authenticité », avec une recherche de bonheur de «l’instant » et c’est à cette génération que l’on doit les nouveaux modes de travail tels que le nomadisme, une activité professionnelle qui devient mode de vie pour atteindre une liberté totale et sans compromis.

J’ai traité de ce sujet dans ma thèse professionnelle que j’ai soutenue en janvier 2018. Comme vous le savez peut-être j’ai suivi les cours du MBA en Webmarketing et E-commerce à l’Ecole Léonard de Vinci à Paris. Mon sujet de thèse était : QUEL EST l’APPORT DU DIGITAL SUR L’EXPÉRIENCE CLIENT DU TOURISTE ? Perspectives et prospectives – Etude sur les Millennials.

Voici un petit extrait :

Les conditions de travail normées font que nous devons nous rendre chaque matin à la même heure à notre bureau celui qui nous a été attribué à notre arrivée dans l’entreprise pour travailler en ce lieu précis, quelques m2 réservés.

La société pour laquelle nous travaillons peut changer mais le rituel reste le même. Chaque jour qui passe, nous empruntons le même chemin, la même rame de métro, ou le même bus pour pousser les portes de notre entreprise et s’assoir à la même chaise face à la même fenêtre qui s’ouvre sur un monde inaccessible, sans que nous puissions dévier de cette routine.

Mais une révolution est en marche.

Les conditions de travail changent tout comme les mentalités, un changement apporté par les nouvelles générations en quête de sens et réfractaires aux habitudes professionnelles de leurs aînés. De plus, les nouveaux usages internet et mobile ont modifié notre rapport aux temps et à l’espace. Le travail reste le même, mais le travailleur lui, acquiert une liberté de mouvement et le super-pouvoir de l’ubiquité qui n’existaient pas il y a encore quelques années et que le digital et les nouvelles technologies permettent désormais aujourd’hui.

Pour un pourcentage encore marginal, de cette population, la frontière entre « travailleur » et « voyageur » devient de plus en plus poreuse. En effet, nombreux sont ceux qui désormais combinent travail et voyage tout au long de l’année sans faire de compromis ni sur l’un ni sur l’autre. Vincent Wermus, Directeur général de Home Away France parle de « bleisure »: « Il me semble également que le « bleisure », ce décloisonnement entre tourisme de loisirs et tourisme professionnel que l’on observe déjà, continuera de s’amplifier dans un monde où le travail aura changé de nature en adoptant des formes plus temporaires et moins contraignantes qui ne seront pas pour autant synonymes de précarité au sens où on l’entend aujourd’hui ».

Ce mouvement tend à prendre de l’ampleur et s’imposer comme un style de travail voire un style de vie, là où il n’y a pas si longtemps, ces « Digital Nomads » ou SBF ( sans bureau fixe) ne portaient pas encore de nom. Anne Bouferguène Directrice générale adjointe de Voyageurs du Monde, semble confirmer ce mouvement: « J’ai même l’impression qu’en 2050, les immenses facilités qui nous seront données de bouger remettront en question la sédentarité telle qu’on la conçoit aujourd’hui. L’humanité, en particulier dans les pays occidentaux, deviendra plus mobile comme la société américaine et plus nomade d’une façon générale. Notre rapport au temps et à l’espace va insensiblement continuer de se modifier. On ne sera plus dans les mêmes dimensions spatio-temporelles, on intégrera donc de plus en plus le voyage à son mode de vie».

Le digital nomadisme, le futur du voyage ? Salariés en « remote », freelances, auto-entrepreneurs avec une activité basée en France, ou consultants, les « digital nomads » sont donc avant tout des travailleurs qualifiés qui choisissent de travailler à distance. Grâce à des outils plus ou moins entrés dans la vie de l’entreprise: skype, slack, google drive, etc. ils gèrent leurs missions, mandats et différents projets depuis l’étranger ou simplement depuis la terrasse d’un café à côté de chez eux. Lorsque leur présence physique est requise pour certaines décisions, ou bien quand ils en ont envie, ils peuvent aussi rentrer au siège de leur entreprise ou aller rencontrer leurs clients sur place. Cependant, la majorité des individus qui ont choisi ce mode de travail peuvent l’effectuer pratiquement sans contact physique direct.

Les « digital nomads » aspirent à la décentralisation, à l’ouverture culturelle, à l’enrichissement par la rencontre d’autres personnes. Entre celui qui alterne le travail depuis quelques lieux privilégiés au véritable globe-trotteur qui change de lieu de vie tous les deux mois, le digital nomadisme n’est plus un phénomène isolé. « Il reflète une aspiration générationnelle à l’autonomie, à l’épanouissement et à la quête de sens ».

Certains voient ainsi dans ce nouveau mode de travail le futur du travail lui-même, permettant aux employés d’être à la fois plus heureux et plus productifs loin du cadre anxiogène du bureau, de consacrer plus de temps à leurs passions et à leurs familles, en rationalisant leurs tâches en fonction de leurs objectifs. Le voyage ne sera plus l’apanage des actifs en déplacements d’affaires ou en vacances, il sera le fait de tous. Le nomadisme aura repris de la vigueur y compris dans les sociétés les plus riches, mais sera catégorisé par l’âge en raison du vieillissement accru de la population. L’appel à une liberté individuelle et à la rencontre avec d’autres citoyens du monde sera une quête puissante.

Si le sujet vous intéresse je serai ravie de partager ma thèse avec vous!

La possibilité de travailler où je veux et quand je veux a toujours été pour moi une quête ardente d’un idéal sur lequel je n’ai jamais pu tirer un trait.

Peut être que je n’arriverai pas à gagner ma vie dans 3 mois. Il y a même de fortes chances d’ailleurs. Peut-être serais-je obligée de retourner dans le monde du salariat quelques temps pour pouvoir continuer dans l’ombre à poursuivre mon rêve d’indépendance.

Mais une chose est sûre, je n’abandonnerai jamais.

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